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Jun 21, 2013

Entretien avec Qudus Onikeku



Fasciné à la vue d’un homme se livrant à des acrobaties, c’est âgé d’à peine cinq ans que Qudus Onikeku, né en 1984 à Lagos, tente de l’imiter et se met en mouvement. Adolescent, il se forme au sein des Ballets du Nigeria, où il se lasse rapidement de la gestuelle répétitive des danseurs traditionnels nigérians. Il suit alors des stages de danse contemporaine et rejoint, en 2003, la compagnie d’Heddy Maalem, pour lequel il interprète notamment Le Sacre du printemps. Son apprentissage de l’acrobatie au Centre national des Arts du cirque (CNAC) de Châlons-en-Champagne, mais aussi du hip hop et de la capoeira, lui permet de s’affranchir des vocabulaires chorégraphiques codifiés. La forme l’intéresse en effet moins que le sens et l’intensité du présent partagé, avec ses compagnons et avec le public, pendant le temps de la représentation. Réfléchir l’art et le monde d’un point de vue qui lui est propre, façonné par ses origines mais aussi par la réalité internationale de son activité, voilà ce qui anime vraiment Qudus Onikeku. Depuis quelques années, il développe une danse puissante et ciselée, occupant l’espace à la manière d’un arpenteur et d’un guerrier. Inspiré par la culture yoruba, l’un des plus anciens peuples d’Afrique, en questionnement perpétuel sur l’histoire du Nigeria, Qudus Onikeku explore les relations complexes entre individu, mémoire, corps et Histoire. QADDISH est le dernier volet d’une trilogie composée d’un solo sur la solitude, My Exile is in my Head et d’une pièce sur la tragédie de l’Histoire, STILL/life, dont une première version avait été créée avec Damien Jalet en 2011 au Festival d’Avignon dans le cadre des Sujets à Vif.

www.qudusonikeku.com

Entretien avec Qudus Onikeku
QADDISH est le dernier volet d’une trilogie. Quel est le fil conducteur entre vos trois dernie`res créations : My Exile is in my Head, STILL/life et QADDISH?

Qudus Onikeku : L’idée d’une trilogie cohérente est apparue au fil des créations, plus précisément après STILL/life : chaque pièce réclamait en quelque sorte la suivante. Dans la première, My Exile is in my Head, il était question de solitude extrême et d’exil. Dans STILL/life, je m’intéressais à la tragédie de l’Histoire et aux façons dont on peut y échapper ou pas. Pour QADDISHj’ai décidé de travailler sur l’idée de mémoire, de généalogie et de tradition. L’histoire du Nigeria, ou plutôt l’histoire officielle du Nigeria telle qu’on peut la lire dans les manuels scolaires, m’interroge beaucoup. Le Nigeria que l’on connaît a moins de cent ans : il existe depuis 1914, date à laquelle le Britannique Frederick Lugard unifia deux territoires, le Nigeria du Nord et le Nigeria du Sud, dans la nouvelle colonie du Nigeria. La formation de celle-ci résultait de transactions commerciales, dont je ressens, dans mon corps, qu’elles ne sont pas mon histoire. Il s’agit donc de prendre de la distance avec cette histoire telle qu’elle est racontée, avec la politique qui façonne nos identités. Pour moi, la solitude permet de trouver un état brut, hors contexte, affranchi des récits. Avec My Exile is in my Head, j’ai cherché à éprouver une présence radicale, afin de rencontrer le corps et l’être qui est dans le corps, presque enterré. Pour pouvoir trouver ce corps, il faut s’échapper de son histoire, de ce qu’on nous a transmis. J’ai donc poursuivi ce cheminement sur une voie plus politique dans STILL/life : comment l’Histoire peut-elle à ce point être imprimée en moi alors que je ne la connais même pas? Comment sommes-nous empêtrés dans tout cela?

Qu’en est-il alors du propos de QADDISH? Est-il plus intime?

QADDISH trouve sa genèse dans mes interrogations sur ma généalogie. Mon père a quatre-vingts ans et va probablement bientôt nous quitter. Au lieu d’attendre ce moment-là pour honorer sa mémoire, je voudrais la recevoir avant qu’il ne parte.
Je souhaite utiliser la mémoire de mon père comme une prolongation de moi-même, de ma propre mémoire. Lorsque je danse, j’ai la sensation que mon corps transporte une mémoire qui me dépasse, mais qui s’échappe dès que je cesse de danser. Je ne suis pas sûr de trouver des réponses dans les quatre-vingts années de vie de mon père, mais je pense qu’elles peuvent être un véhicule, le début d’un voyage qui nous emmène tous les deux encore plus loin dans l’Histoire. Il était lui-même enfant quand ses parents sont morts. Il est né dans un pays occupé, alors que son père, lui, a vécu l’arrivée des colons. Dans la mesure où je suis né dans un pays dit «libre», j’ai à cet égard plus de choses en commun avec ce dernier, qui a vécu une partie de sa vie hors de l’histoire coloniale.

Comment s’est déroulé cette quête?

J’ai commencé par un voyage avec mon père à Abeokuta, sa ville natale, d’où viennent également le chanteur Fela Kuti et d’autres grands artistes nigérians. Je souhaitais y faire des recherches sur la tradition yoruba, en particulier sur les masques qui nourrissent, depuis longtemps, mon travail artistique. La tradition de ce peuple, qui est l’un des plus anciens d’Afrique, n’est pas qu’une affaire spirituelle ou transcendantale : elle repose sur toute une série de codes. Avec tous ces codes, je veux essayer de créer une danse, un langage. À partir de cette tradition, je souhaite inventer une fiction, une proposition poétique.
Au cours de ce voyage, Charles Amblard a enregistré beaucoup de sons, de moments que l’on retrouvera peut-être sur scène. Mais l’important n’était pas tant de ramener des matériaux que d’être là-bas, de trouver un état, des essences, quelque chose dans la culture yoruba qui n’a rien à voir avec le monde d’aujourd’hui. Trouver ce qui, dans cette tradition, peut modifier le corps.

Vous êtes également parti en Malaisie. Le voyage est-il un élément important dans votre processus de création?

Quand je prépare un spectacle, le voyage est en effet très important. Je me déplace beaucoup, en Malaisie et dernièrement aux États-Unis, car cela fait partie du processus de création. C’est le même corps, le mien, qui danse chaque spectacle. Pour changer l’espace et la danse, il faut donc faire entrer le corps dans une autre dimension. Ma danse vient surtout de l’inconscient, de couches de mémoire qui recouvrent mon corps et dont je ne suis pas conscient. Les voyages me permettent d’éplucher ces couches pour atteindre quelque chose de profond. En travaillant sur des états de conscience, je travaille sur des états de corps et modifie ainsi ma danse. En Malaisie, par exemple, j’ai pu rencontrer des gens, des énergies qui me sont proches tout en restant étrangers. On trouve là-bas des philosophies, des traditions, en particulier celles du masque, qui sont assez similaires à celles du Nigeria et cependant, tout y est différent. Le hasard participe, bien entendu, de ces voyages : je ne serais jamais allé en Malaisie si on ne m’avait pas proposé une résidence là-bas!

Les masques que vous évoquez occuperont-ils une place dans votre pièce?

Le masque m’intéresse moins en tant qu’objet qu’en tant que véhicule et expression d’une philosophie. Dans les cérémonies qui mettent en scène les masques dans la culture yoruba, le « spectacle » commence bien avant l’événement, des semaines en amont. Dans mon travail, je considère que la représentation n’est qu’un événement parmi d’autres du spectacle. Tout commence bien avant la lumière qui s’éteint… Je ne sais donc pas si les masques seront sur scène. Ce que je sais, c’est qu’ils sont bien plus que des objets de décor ou de simples accessoires.

Pourquoi avoir intitulé votre spectacle QADDISH?

Ce titre vient d’un jeu avec mon prénom. Le terme «Kaddish», qui désigne la prière juive pour les morts, signifie «saint», mot qui, en arabe, se dit «Quds» ou «Qudus». Voilà pourquoi j’ai orthographié le titre de la pièce QADDISH et non pas KADDISH.
Sur les raisons plus profondes de ce choix, tout est parti du Kaddish de Maurice Ravel, absolument extraordinaire. Les oeuvres sacrées, de manière générale, me touchent beaucoup. En entamant davantage de recherches sur la thématique, j’ai découvert que le Kaddish avait la même signification que le Notre Père dans la liturgie catholique et que la Fatihamusulmane. Il s’agissait donc d’un thème universel. Dans QADDISH, je veux suggérer que mon père, c’est aussi notre père, notre passé, notre mémoire à chacun et qu’Abeokuta, la ville où nous sommes partis sur les traces de notre mémoire, pourrait aussi bien être n’importe quel autre lieu, Babylone ou Athènes par exemple. Même si mes spectacles trouvent leur origine dans quelque chose de très personnel, je ne veux pas parler de mon histoire en particulier. Je veux parler de nous tous. Une oeuvre de Maurice Ravel sera, entre autres, interprétée sur le plateau par le violoncelliste Umberto Clerici et la soprano Valentina Coladonato, deux musiciens que j’ai rencontrés en 2011 à l’occasion d’une création avec un orchestre classique en Italie. Sur scène, Charles Amblard et Emil Abossolo Mbo seront également présents. Et quelque part, dans la salle, il y aura sans doute mon père, qui m’a accompagné pendant toute la durée de la création.

Pouvez-vous nous parler un peu de la culture yoruba? En quoi vous inspire-t-elle?

Ce qui m’intéresse le plus dans cette culture, c’est un rapport spécifique au temps, un questionnement qui compte parmi mes obsessions. Le temps n’y est pas appréhendé de façon linéaire : les notions de passé, de présent et de futur n’ont pas beaucoup de sens. Par conséquent, le travail de mémoire n’est pas uniquement rétrospectif : ce n’est pas une pelote de laine que l’on déroule. On ne peut pas se contenter de regarder le passé pour comprendre le présent. Car le passé change selon qui le regarde, selon qui le manipule. De la même façon, prévoir le futur à partir du présent ne rime à rien. C’est pourquoi, dans la philosophie Yoruba, il y a au moins cent récits sur les débuts du monde. Ils sont tous différents et tous vrais. Si quelqu’un raconte une histoire, on considère que c’est la sienne et qu’à ce titre, elle est véritable et digne d’intérêt. Il y a quelque chose de très démocratique dans cette philosophie. La culture yoruba développe aussi des liens très intéressants entre les notions de spectacle, de souvenir et d’instant présent. Les mots «spectacle» et «souvenir» ont la même racine, tout comme les mots «image» et «maintenant». Plus que le contenu communiqué, c’est le présent partagé qui est important. Cette idée me plaît beaucoup : pendant mes spectacles, tous les pores de ma peau transportent des radiations, de la mémoire. Il ne s’agit pas de comprendre quoi que ce soit, mais d’être là maintenant. Et dans ce «maintenant», il n’y a rien à analyser, il n’y a que de l’expérience à vivre.
J’ai le sentiment qu’en Europe, on recherche toujours un mode d’emploi alors que parfois, pourtant, moins on fait d’efforts et plus on comprend. Il faut donc savoir se relâcher pour accéder à l’événement, être humble, comme je le suis sur scène. Je dois être présent. Apaiser le temps, le public, contrôler l’énergie pour que l’on puisse faire le voyage ensemble.

Pourtant, vos pièces sont traversées par de multiples récits et de multiples influences…

La connaissance, ce n’est que du passé qui s’est immiscé dans le présent, mais ça n’est pas le spectacle pour moi. Il faut se départir de tout ce que l’on a appris. Je dis régulièrement à mes étudiants : «Votre mémoire constitue des bagages. C’est lourd, alors sur scène, il faut l’oublier.» Tout comme les techniques que l’on a pu apprendre : pour moi, la capoeira, le hip hop, la danse africaine, etc. Sur scène, je peux être vide. L’espace peut alors entrer en moi. C’est aussi ce que je demande au public : être vide. S’il n’est pas vide, ou disponible, je ne peux pas rentrer en lui et si je ne rentre pas, le rituel ne marche pas. De la même manière, je suis chaque soir vide de la mémoire d’hier, des représentations précédentes : c’est à chaque fois une nouvelle expérience avec des gens nouveaux. C’est pourquoi l’improvisation est importante dans mes pièces. Et c’est pourquoi il y a rarement des surtitres : je ne veux pas que l’on s’arrête sur du discours, que l’on s’interroge sur ce qui est dit. L’enjeu n’est pas de l’ordre de la compréhension. C’est exactement comme dans la poésie ou dans la musique classique : je cherche du ressenti. Une conscience cosmique, dont on ne peut avoir qu’une perception, mais certainement pas de compréhension.

Existe-t-il selon vous une danse contemporaine africaine?

Ce qui m’intéresse, c’est de puiser dans nos cultures pour créer aujourd’hui. Je m’intéresse à tous ces artistes qui ont créé des masques, à ces gens qui ont pensé la philosophie yoruba, à tout ce qui a été détruit, effacé ou qualifié de démoniaque par le christianisme. Je veux exhumer cette philosophie et la faire vivre au présent sur une scène. Est-ce que cela donne pour autant de la danse contemporaine? Peut-être. Mais au-delà des étiquettes, ce qui m’intéresse est purement artistique et philosophique : comment se ré-ancrer dans nos cultures d’origine et dialoguer avec le monde.

Propos recueillis par Renan Benyamina

THEÅLA^TRE BENOI^T-XII
durée estimée 1h - spectacle en anglais surtitré en français - création 2013
6 7 8 9 1 0 1 2 1 3 À 17H
conception et chorégraphie Qudus Onikeku dramaturgie Emil Abossolo Mbo scénographie et lumière Guillaume Fesneau, Aby Mathieu son CleÅLment Marie Mathieu
avec Emil Abossolo Mbo, Qudus Onikeku
la soprano Valentina Coladonato et les musiciens Charles Amblard, Umberto Clerici
production Compagnie YKProjects
coproduction Festival d’Avignon, Parc de la Villette (résidence d’artistes 2013), Musée de la danse/Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, Théâtre de Grasse
accueil en résidence au Centre national de la Danse (Pantin), au Rimbun Dahan (Kuala Lumpur), à l’University of California (Davis) dans le cadre de Grenada Artist in Residence et à la compagnie Systeme Castafiore (Grasse)
avec le soutien de la Région Île-de-France, de la CCAS, de la Spedidam et du Ministère de la Culture et de la Communication DRAC Île-de-France
Le Festival d’Avignon reçoit le soutien de Total pour l’accueil de ce spectacle.
&
AVEC LA CCAS, DANS LE CADRE DE CONTRE COURANT
MY EXILE IS IN MY HEAD
15 juillet à 22h - ROND-POINT DE LA BARTHELASSE
chorégraphie et interprétation Qudus Onikeku texte Zena Edwards lumière Guillaume Fesneau
(voir page 163)
TERRITOIRES CINÉMATOGRAPHIQUES
UTOPIA-MANUTENTION
(voir page 147)

Dec 16, 2011

On Art and the State.

This sort of friday morning musing is to finally speak my mind on this issue that had played with my mind for too long... It is the issue of the State of the Art and the Art of the State.

As an artist, If there are two states i'm most familiar with, that will be France and Nigeria... Obviously. But when it comes to art and the state, sure there is no much to say about Nigeria, for you to eat as an artist in Nigeria, you better do many things at a time, being multi talented in Nigeria is not only a possibility it is in fact a necessity.

Jul 6, 2010

In Nigeria it’s NETWORKING not butt-licking duhh !

History demands that we record dates when life on the planet suffer grave setbacks, and I’m still struggling to recover the day dignity, pride and honour fell off the Nigerian moral lexicon, when Nigeria become a fast food nation. Before I start blabbing like Dele Momodu on pendulum, I must say that I’m not an activist like Kayode Ogundamisi who find it easy to relentlessly sing revolutionary songs on facebook, neither am I a social change advocate who coin all sort of catchy, impractical or over practical easy-to-fall-for phrases to make over statements – like BLING, FIX NIGERIA, UNRULY, THE FUTURE PROJECT, LIGHTUPNIGERIA, ENOUGHISENOUGH and so many other nonsense in bold and capital letters – We have gotten to a point where it has in fact, become a crime in today’s Nigeria to attempt to write in a proverbial or poetic realm of a Chinua Achebe for example, or to keep a decent distance from one’s reader like Wole Soyinka will do in his non fictions. Only if I consider the people I address as a bunch of dick head-dumb ass that are not capable of any personal opinion of their own, nor do anything carrying great weight with their God given common sense, that I will want to ram my message into their brains like retarded kids from kindergarten.

"When I was a boy, getting to know a person because of what they could do for you was what my father called ass kissing. My mother called it social climbing. To me, it was brown-nosing. Now it’s called networking."
These are the witty words Dirk Wittenborn used in opening his raw and edgy article: When ass kissing became networking. In this I recognized the need to state how it concerns me and relates to my situation as a Nigerian youth. In the midst of the national youth euphoria that led to the birth of various awarding organization, and the coming-in-contact of the brightest and best, the most talented and most celebrated young Nigerians, to engage in serious conversations on how our generation could be relevant in the Nigerian regeneration, however informal and unrehearsed this coming-in-contact could have been, social networks like Facebook, twitter and other blog spots played a great role in hopping the pace of this awareness.

In no time, I found myself part of a generation of philistines, these lots –in identity crises and denied of belonging– behave more like disowned bourgeois rats, whose only true desire is to be part of something cheesy and ongoing. After few interaction (or should I call it networking) with few minds who were apparently brilliant, but still I found myself in not-just-ok-dot-com, my quick and keen clairvoyance told me that this networking or social climbing will only do more in decorating our long need for change in flashy colours, rather than truly empower such desire. This was not so difficult for me to recognize, as I have already been exposed to this trend that is often spectacularly staged as after show cocktails, during my tours in Europe or in the US. Nonetheless I have never felt OK with –or believed in– such organized match making that doesn’t come with a common enemy, and if a common enemy is not quickly established in any affiliation, it will be difficult to forge a common front in pursuit of common goals.

Since I’m not terribly in need of a name or a face, not planning to be featured in a musical video nor being a judge in a reality dance show any time soon, and the promise of easy life/good fortune never incite me that much, then I gradually degraded in rank to become an unenthusiastic component of the bourgeoisie, and naturally I wondered what I was doing in the midst of ass kissers. Let it be publicly known that I’m not oppose to ass kissing or networking, or whatever it is labelled as, it is normal that men and women fuck one another to get ahead –just as men and men or women and women do– which is the aspect of human comedy that I find too tragic to laugh about in Lagos. But when a student is literally fucking her lecturer for marks, when you are fucking somebody to get or keep a job, or someone fucks you for a flight ticket, a cinema ticket, or even to be auditioned for a role in a TV series that will eventually made you a role model. That for instant is a figurative straightforward and pleasurable one-off giving on both sides, only that it often comes with a burden and responsibility for those who sometimes feel shame, and at some point in life, one really need to separate sober matters from bread and butter dealings.

When you pretend to be my friend, to share my pain just for personal gain, even when I piss on you, you still won’t let go, then that is a terrible thing that brings to mind a terrible phrase in a reprisal mail once addressed to Matthew Ogunnola my good friend “… I have been trained that the show must go on, and I would lick the butt crack of a mad man if that is what it entails to have a great show.” Aww, now that leaves a bad taste in the mouth, and that must have been a slip of tongue, because that was from one of the organizers of these trendy youth programs that, in their words “seek to empower young people and redirect them towards adding value to themselves and society with strong positive images/messages.” As my people will say, ma fi oruko bo l’asiri, i.e. I will use his name to cover his shamelessness. This contrasting phrases if able to be juxtaposed, point out the complicity of these faction of the brightest and coolest Nigerian youth, and the use of their brainpower in scamming the rest of us, who might be duped by their use of attractive phrases that carries no connotation in itself, and hence, contributes greatly to the epidemic height of absurdity that is sweeping over the whole nation.

The sanious nightmare of creative people in Lagos, is the fear of victimization by these net-workers; for sure they know that a truly creative and conscious person won’t go to SWE bar or KOKO lounge thrice a week, won’t be seen -in see-as-i-gbensh dresses- on the road to their weekly red or black or green carpet events, but since there is all the time for their Mohammed to go to the mountains, they have began to take over the front seats of every artistic and intellectual happenings; from poetry, to a contemporary dance show, from classical music, art exhibitions to book reading. Meanwhile, most of these Lagos vultures don’t have the practical mind required to integrate into such gathering. Unlike the indispensable burden of a groupie, the creative person is particularly vulnerable to the toxic of these sneaky net-workers, whose only calculative ambition is to drive you into parties like giant termites, licking your ass just enough for you to feel like a celebrity that you are, to afford them the necessitated social climbing, waiting to be introduced to a friend of yours with a bulkier, juicier and better profitable curriculum vitae. Now that is what they call networking. Networking my butt!!!

For the sake of some offended readers, I think –even if not so sure– that there are of course, some truly brilliant and talented youth out there, and I can humbly say that I am one of them, those who have survived as coconut in cultural and economic terms, those who are also often tempted to network, but one could see a certain kind of coconut perpetuating the if-you-can’t-beat-them-join-them phenomenon. To now to conclude with my opening realm of curiosity, When did the myth of making it on your own merit, gave way to who you know over who know you? When did the proverbial saying of a good name is better than gold or silver became an understatement in Nigeria? I guess it was when those who lick the butt crack of mad men, began to be so efficient in it, that they kick those with the right skills away from the seat, I guess it was precisely that moment, when this shameful act was re-branded as networking and our world became so meaningless, and most of those celebrated as our brightest and coolest youth are nothing but a bunch of harlots.