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Jun 21, 2013

Entretien avec Qudus Onikeku



Fasciné à la vue d’un homme se livrant à des acrobaties, c’est âgé d’à peine cinq ans que Qudus Onikeku, né en 1984 à Lagos, tente de l’imiter et se met en mouvement. Adolescent, il se forme au sein des Ballets du Nigeria, où il se lasse rapidement de la gestuelle répétitive des danseurs traditionnels nigérians. Il suit alors des stages de danse contemporaine et rejoint, en 2003, la compagnie d’Heddy Maalem, pour lequel il interprète notamment Le Sacre du printemps. Son apprentissage de l’acrobatie au Centre national des Arts du cirque (CNAC) de Châlons-en-Champagne, mais aussi du hip hop et de la capoeira, lui permet de s’affranchir des vocabulaires chorégraphiques codifiés. La forme l’intéresse en effet moins que le sens et l’intensité du présent partagé, avec ses compagnons et avec le public, pendant le temps de la représentation. Réfléchir l’art et le monde d’un point de vue qui lui est propre, façonné par ses origines mais aussi par la réalité internationale de son activité, voilà ce qui anime vraiment Qudus Onikeku. Depuis quelques années, il développe une danse puissante et ciselée, occupant l’espace à la manière d’un arpenteur et d’un guerrier. Inspiré par la culture yoruba, l’un des plus anciens peuples d’Afrique, en questionnement perpétuel sur l’histoire du Nigeria, Qudus Onikeku explore les relations complexes entre individu, mémoire, corps et Histoire. QADDISH est le dernier volet d’une trilogie composée d’un solo sur la solitude, My Exile is in my Head et d’une pièce sur la tragédie de l’Histoire, STILL/life, dont une première version avait été créée avec Damien Jalet en 2011 au Festival d’Avignon dans le cadre des Sujets à Vif.

www.qudusonikeku.com

Entretien avec Qudus Onikeku
QADDISH est le dernier volet d’une trilogie. Quel est le fil conducteur entre vos trois dernie`res créations : My Exile is in my Head, STILL/life et QADDISH?

Qudus Onikeku : L’idée d’une trilogie cohérente est apparue au fil des créations, plus précisément après STILL/life : chaque pièce réclamait en quelque sorte la suivante. Dans la première, My Exile is in my Head, il était question de solitude extrême et d’exil. Dans STILL/life, je m’intéressais à la tragédie de l’Histoire et aux façons dont on peut y échapper ou pas. Pour QADDISHj’ai décidé de travailler sur l’idée de mémoire, de généalogie et de tradition. L’histoire du Nigeria, ou plutôt l’histoire officielle du Nigeria telle qu’on peut la lire dans les manuels scolaires, m’interroge beaucoup. Le Nigeria que l’on connaît a moins de cent ans : il existe depuis 1914, date à laquelle le Britannique Frederick Lugard unifia deux territoires, le Nigeria du Nord et le Nigeria du Sud, dans la nouvelle colonie du Nigeria. La formation de celle-ci résultait de transactions commerciales, dont je ressens, dans mon corps, qu’elles ne sont pas mon histoire. Il s’agit donc de prendre de la distance avec cette histoire telle qu’elle est racontée, avec la politique qui façonne nos identités. Pour moi, la solitude permet de trouver un état brut, hors contexte, affranchi des récits. Avec My Exile is in my Head, j’ai cherché à éprouver une présence radicale, afin de rencontrer le corps et l’être qui est dans le corps, presque enterré. Pour pouvoir trouver ce corps, il faut s’échapper de son histoire, de ce qu’on nous a transmis. J’ai donc poursuivi ce cheminement sur une voie plus politique dans STILL/life : comment l’Histoire peut-elle à ce point être imprimée en moi alors que je ne la connais même pas? Comment sommes-nous empêtrés dans tout cela?

Qu’en est-il alors du propos de QADDISH? Est-il plus intime?

QADDISH trouve sa genèse dans mes interrogations sur ma généalogie. Mon père a quatre-vingts ans et va probablement bientôt nous quitter. Au lieu d’attendre ce moment-là pour honorer sa mémoire, je voudrais la recevoir avant qu’il ne parte.
Je souhaite utiliser la mémoire de mon père comme une prolongation de moi-même, de ma propre mémoire. Lorsque je danse, j’ai la sensation que mon corps transporte une mémoire qui me dépasse, mais qui s’échappe dès que je cesse de danser. Je ne suis pas sûr de trouver des réponses dans les quatre-vingts années de vie de mon père, mais je pense qu’elles peuvent être un véhicule, le début d’un voyage qui nous emmène tous les deux encore plus loin dans l’Histoire. Il était lui-même enfant quand ses parents sont morts. Il est né dans un pays occupé, alors que son père, lui, a vécu l’arrivée des colons. Dans la mesure où je suis né dans un pays dit «libre», j’ai à cet égard plus de choses en commun avec ce dernier, qui a vécu une partie de sa vie hors de l’histoire coloniale.

Comment s’est déroulé cette quête?

J’ai commencé par un voyage avec mon père à Abeokuta, sa ville natale, d’où viennent également le chanteur Fela Kuti et d’autres grands artistes nigérians. Je souhaitais y faire des recherches sur la tradition yoruba, en particulier sur les masques qui nourrissent, depuis longtemps, mon travail artistique. La tradition de ce peuple, qui est l’un des plus anciens d’Afrique, n’est pas qu’une affaire spirituelle ou transcendantale : elle repose sur toute une série de codes. Avec tous ces codes, je veux essayer de créer une danse, un langage. À partir de cette tradition, je souhaite inventer une fiction, une proposition poétique.
Au cours de ce voyage, Charles Amblard a enregistré beaucoup de sons, de moments que l’on retrouvera peut-être sur scène. Mais l’important n’était pas tant de ramener des matériaux que d’être là-bas, de trouver un état, des essences, quelque chose dans la culture yoruba qui n’a rien à voir avec le monde d’aujourd’hui. Trouver ce qui, dans cette tradition, peut modifier le corps.

Vous êtes également parti en Malaisie. Le voyage est-il un élément important dans votre processus de création?

Quand je prépare un spectacle, le voyage est en effet très important. Je me déplace beaucoup, en Malaisie et dernièrement aux États-Unis, car cela fait partie du processus de création. C’est le même corps, le mien, qui danse chaque spectacle. Pour changer l’espace et la danse, il faut donc faire entrer le corps dans une autre dimension. Ma danse vient surtout de l’inconscient, de couches de mémoire qui recouvrent mon corps et dont je ne suis pas conscient. Les voyages me permettent d’éplucher ces couches pour atteindre quelque chose de profond. En travaillant sur des états de conscience, je travaille sur des états de corps et modifie ainsi ma danse. En Malaisie, par exemple, j’ai pu rencontrer des gens, des énergies qui me sont proches tout en restant étrangers. On trouve là-bas des philosophies, des traditions, en particulier celles du masque, qui sont assez similaires à celles du Nigeria et cependant, tout y est différent. Le hasard participe, bien entendu, de ces voyages : je ne serais jamais allé en Malaisie si on ne m’avait pas proposé une résidence là-bas!

Les masques que vous évoquez occuperont-ils une place dans votre pièce?

Le masque m’intéresse moins en tant qu’objet qu’en tant que véhicule et expression d’une philosophie. Dans les cérémonies qui mettent en scène les masques dans la culture yoruba, le « spectacle » commence bien avant l’événement, des semaines en amont. Dans mon travail, je considère que la représentation n’est qu’un événement parmi d’autres du spectacle. Tout commence bien avant la lumière qui s’éteint… Je ne sais donc pas si les masques seront sur scène. Ce que je sais, c’est qu’ils sont bien plus que des objets de décor ou de simples accessoires.

Pourquoi avoir intitulé votre spectacle QADDISH?

Ce titre vient d’un jeu avec mon prénom. Le terme «Kaddish», qui désigne la prière juive pour les morts, signifie «saint», mot qui, en arabe, se dit «Quds» ou «Qudus». Voilà pourquoi j’ai orthographié le titre de la pièce QADDISH et non pas KADDISH.
Sur les raisons plus profondes de ce choix, tout est parti du Kaddish de Maurice Ravel, absolument extraordinaire. Les oeuvres sacrées, de manière générale, me touchent beaucoup. En entamant davantage de recherches sur la thématique, j’ai découvert que le Kaddish avait la même signification que le Notre Père dans la liturgie catholique et que la Fatihamusulmane. Il s’agissait donc d’un thème universel. Dans QADDISH, je veux suggérer que mon père, c’est aussi notre père, notre passé, notre mémoire à chacun et qu’Abeokuta, la ville où nous sommes partis sur les traces de notre mémoire, pourrait aussi bien être n’importe quel autre lieu, Babylone ou Athènes par exemple. Même si mes spectacles trouvent leur origine dans quelque chose de très personnel, je ne veux pas parler de mon histoire en particulier. Je veux parler de nous tous. Une oeuvre de Maurice Ravel sera, entre autres, interprétée sur le plateau par le violoncelliste Umberto Clerici et la soprano Valentina Coladonato, deux musiciens que j’ai rencontrés en 2011 à l’occasion d’une création avec un orchestre classique en Italie. Sur scène, Charles Amblard et Emil Abossolo Mbo seront également présents. Et quelque part, dans la salle, il y aura sans doute mon père, qui m’a accompagné pendant toute la durée de la création.

Pouvez-vous nous parler un peu de la culture yoruba? En quoi vous inspire-t-elle?

Ce qui m’intéresse le plus dans cette culture, c’est un rapport spécifique au temps, un questionnement qui compte parmi mes obsessions. Le temps n’y est pas appréhendé de façon linéaire : les notions de passé, de présent et de futur n’ont pas beaucoup de sens. Par conséquent, le travail de mémoire n’est pas uniquement rétrospectif : ce n’est pas une pelote de laine que l’on déroule. On ne peut pas se contenter de regarder le passé pour comprendre le présent. Car le passé change selon qui le regarde, selon qui le manipule. De la même façon, prévoir le futur à partir du présent ne rime à rien. C’est pourquoi, dans la philosophie Yoruba, il y a au moins cent récits sur les débuts du monde. Ils sont tous différents et tous vrais. Si quelqu’un raconte une histoire, on considère que c’est la sienne et qu’à ce titre, elle est véritable et digne d’intérêt. Il y a quelque chose de très démocratique dans cette philosophie. La culture yoruba développe aussi des liens très intéressants entre les notions de spectacle, de souvenir et d’instant présent. Les mots «spectacle» et «souvenir» ont la même racine, tout comme les mots «image» et «maintenant». Plus que le contenu communiqué, c’est le présent partagé qui est important. Cette idée me plaît beaucoup : pendant mes spectacles, tous les pores de ma peau transportent des radiations, de la mémoire. Il ne s’agit pas de comprendre quoi que ce soit, mais d’être là maintenant. Et dans ce «maintenant», il n’y a rien à analyser, il n’y a que de l’expérience à vivre.
J’ai le sentiment qu’en Europe, on recherche toujours un mode d’emploi alors que parfois, pourtant, moins on fait d’efforts et plus on comprend. Il faut donc savoir se relâcher pour accéder à l’événement, être humble, comme je le suis sur scène. Je dois être présent. Apaiser le temps, le public, contrôler l’énergie pour que l’on puisse faire le voyage ensemble.

Pourtant, vos pièces sont traversées par de multiples récits et de multiples influences…

La connaissance, ce n’est que du passé qui s’est immiscé dans le présent, mais ça n’est pas le spectacle pour moi. Il faut se départir de tout ce que l’on a appris. Je dis régulièrement à mes étudiants : «Votre mémoire constitue des bagages. C’est lourd, alors sur scène, il faut l’oublier.» Tout comme les techniques que l’on a pu apprendre : pour moi, la capoeira, le hip hop, la danse africaine, etc. Sur scène, je peux être vide. L’espace peut alors entrer en moi. C’est aussi ce que je demande au public : être vide. S’il n’est pas vide, ou disponible, je ne peux pas rentrer en lui et si je ne rentre pas, le rituel ne marche pas. De la même manière, je suis chaque soir vide de la mémoire d’hier, des représentations précédentes : c’est à chaque fois une nouvelle expérience avec des gens nouveaux. C’est pourquoi l’improvisation est importante dans mes pièces. Et c’est pourquoi il y a rarement des surtitres : je ne veux pas que l’on s’arrête sur du discours, que l’on s’interroge sur ce qui est dit. L’enjeu n’est pas de l’ordre de la compréhension. C’est exactement comme dans la poésie ou dans la musique classique : je cherche du ressenti. Une conscience cosmique, dont on ne peut avoir qu’une perception, mais certainement pas de compréhension.

Existe-t-il selon vous une danse contemporaine africaine?

Ce qui m’intéresse, c’est de puiser dans nos cultures pour créer aujourd’hui. Je m’intéresse à tous ces artistes qui ont créé des masques, à ces gens qui ont pensé la philosophie yoruba, à tout ce qui a été détruit, effacé ou qualifié de démoniaque par le christianisme. Je veux exhumer cette philosophie et la faire vivre au présent sur une scène. Est-ce que cela donne pour autant de la danse contemporaine? Peut-être. Mais au-delà des étiquettes, ce qui m’intéresse est purement artistique et philosophique : comment se ré-ancrer dans nos cultures d’origine et dialoguer avec le monde.

Propos recueillis par Renan Benyamina

THEÅLA^TRE BENOI^T-XII
durée estimée 1h - spectacle en anglais surtitré en français - création 2013
6 7 8 9 1 0 1 2 1 3 À 17H
conception et chorégraphie Qudus Onikeku dramaturgie Emil Abossolo Mbo scénographie et lumière Guillaume Fesneau, Aby Mathieu son CleÅLment Marie Mathieu
avec Emil Abossolo Mbo, Qudus Onikeku
la soprano Valentina Coladonato et les musiciens Charles Amblard, Umberto Clerici
production Compagnie YKProjects
coproduction Festival d’Avignon, Parc de la Villette (résidence d’artistes 2013), Musée de la danse/Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne, Théâtre de Grasse
accueil en résidence au Centre national de la Danse (Pantin), au Rimbun Dahan (Kuala Lumpur), à l’University of California (Davis) dans le cadre de Grenada Artist in Residence et à la compagnie Systeme Castafiore (Grasse)
avec le soutien de la Région Île-de-France, de la CCAS, de la Spedidam et du Ministère de la Culture et de la Communication DRAC Île-de-France
Le Festival d’Avignon reçoit le soutien de Total pour l’accueil de ce spectacle.
&
AVEC LA CCAS, DANS LE CADRE DE CONTRE COURANT
MY EXILE IS IN MY HEAD
15 juillet à 22h - ROND-POINT DE LA BARTHELASSE
chorégraphie et interprétation Qudus Onikeku texte Zena Edwards lumière Guillaume Fesneau
(voir page 163)
TERRITOIRES CINÉMATOGRAPHIQUES
UTOPIA-MANUTENTION
(voir page 147)

Jan 31, 2013

Tours and Calendar

Calendar 2012/2013.




3 - 12 January     - WIP La Villette (Creative residency STILL/life)
13 January          - WIP La Villette (Public Presentation STILL/life Work in Progress)
16 - 20 January   - CND Pantin (Creative residency STILL/life)
24 - 27 January   - Theatre de l'Agora. Evry (Creative residency STILL/life)
30/01 - 04/02      - CND Pantin (Creative residency STILL/life)
06 - 11 February - CND Pantin (Creative residency STILL/life)
14 - 16 February - L'Arc Scène Nationale Le Creusot. (Show My Exile is in my Head + Screening Do We need ColaCola to Dance?)




19 February       - The Performing Art Market - Yokohama (Show - STIll/life work-in-progress version)
20 February        - Institut Française Tokyo (Show - STILL/life work-in-progress version)
18/02 - 04/03      - Theatre Bretigny Val d'Orge (Creative residency STILL/life)
12 - 16 March     - Centre Culturel de Porte de l'Essonne Athis Mons (Creative residency STILL/life)
17 March            - Théâtre Arlequin de Morsang sur Orge (Show My Exile is in my Head)
19 - 21 March     - Festival International CDC Toulouse (Show My Exile is in my Head)
19 - 23 March     - Centre Culturel de Porte de l'Essonne Athis Mons (Creative residency STILL/life)
24 March            - Centre Culturel de Porte de l'Essonne Athis Mons (Premiere STILL/life)
25 March            - Theatre Bretigny Val d'Orge (Show 2 STILL/life)
30 March            - Théâtre des Ulis (Show 3 STILL/life)
31 March            - Théâtre de la vallée de l'Yerres. Brunoy (Show 4 STILL/life)




27 April - Speaking at the TEDxIfe conference in Ife, Osun state. Nigeria.
5 May - Festival La Voix est libre @Theatre Garrone. (Improvisation with Dieudonné Niangouna)
10 May - Festival La Voix est libre @Bouffes du Nord. (Improvisation with Dieudonné Niangouna)
17 - 29 May - ADC Geneva  (research residency)
29 May - 1 June - Modul Dance Festival. LUJBIJANA SLOVANIA (Show STILL/life)
18 June - Prize giving for PRIX SACD in Paris - Awarded the NEW CHOREOGRAPHIC TALENT
22 June - 1 July - Festival Platform Kinshasa (Show STILL/life)
1 July - 7 July - Lagos/Abeokuta (Research QADDISH - Creation 2013)
7 - 11 August - Dancing in Levée des conflits by Boris Charmatz Hamburg. Germany.
14 August - 24 August - Festival Correios em Movimento Rio De Janeiro (Show My Exile is in my Head)
My Exile is in my Head - MC theatre Amsterdam. 25 - 26 September
My Exile is in my HeadParktheater Eindhoven. Netherlands. 27 September
My Exile is in my HeadBijlmer Parktheater Amsterdam Zuidoost. 28 September
Modul-Dance conference - Tilburg Netherlands. 1 - 3 October
My Exile is in my Head - Albany Deptford. London. 4 October 
My Exile is in my Head - Dukes Theatre Lancaster. 6 October 
My Exile is in my HeadLakeside Arts Centre Nottingham. 11 October
My Exile is in my HeadDrum Theatre Birmingham. 13 October
My Exile is in my Head - Contact Theatre Manchester. 16 October
My Exile is in my HeadThe Courtyard Theatre, Hereford. 18 October 
My Exile is in my Head - Sherman Theatre, Cardiff. 20 October




QADDISH (Research residency) - CND - Pantin. France 2 - 12 November 
Africa initiative Group conference - Yamoussoukro Ivory Coast. 15 - 18 November
QADDISH (Research residency) - Rimbun Dahan. Kuala Lumpur 20 November - 15 December
QADDISH (work -in-progress) - Dancebox. Kuala Lumpur 22 November
QADDISH (work -in-progress) - IB Theatre Conference - TaPS. Kuala Lumpur 2 December
Do we need colacola to dance? (film screening) Alliance Française de Kuala Lumpur 5 December
QADDISH (work -in-progress) - Nyoba Kan Festival. Kuala Lumpur 7 - 8 December

2013



Visiting professor + QADDISH Research residency - University of California. Davis. 6 Jan - 10 March 2013
FLASH (New creation with students) - University of California. Davis. 7 January - 6 March 2013

STILL/life - Festival Hors Saison - ARCADI. La Ferme du Buisson. Noisiel. 24 - 25 February 2013
QADDISH (work in progress) - University of California. Davis. 7 March 2013
FLASH (Premiere) - University of California. Davis. 7 - 10 March 2013
QADDISH (Research residency) - Yerba Buena Art Center. San Francisco.11 - 15 March 2013
STILL/life - Maison de la Danse. Lyon. 24 - 25 May 2013
Levée des conflits by Boris Charmatz - Montreal. 27 - 31 May 2013
QADDISH (work -in-progress) - ConnexionKin. Kinshasa 2 - 8 June 2013
QADDISH (creation residency) - WIP La Villette. 10 - 22 June 2013
QADDISH (Production residency) - Theatre Benoit XII. Avignon24 June - 5 July 2013
QADDISH - Premiere in Theatre Benoit XII. Avignon. 6 - 12 July 2013

Jul 5, 2011

STILL/life

"Time vanished, we turned to stone.

The world retreated into fumes of swampland.

And the past is without reference to our identity.

Why in my right to the assured presence I'm thrown aback.

Towards what has never been my deed.

Towards what has never been in my power or in my freedom.

Towards a past that denies my right to the present.

And has never come into memory."



Our collective memory of an immemorial past imposes the division between the north and south, between me and "the other" between rationality and irrationality. Do we not recognize the trap? History is too full of failed Prometheans bathing their wounded spirit in the tragic stream. Summoning history to our aid? But more than history, kindred knowledge, kindred findings, kindred rebellions against the lure of terror; for rage is no longer enough to combat the temptation to subside into unproductive, will-sapping wisdoms.

There are levels of despair from which the human spirit cannot recover, some types of suffering are difficult to explain and difficult for others to understand, the trauma that comes with the memory of our proper amnesia comes with an incomprehensible terror. These persisting events that fabricates time and the other, has made violence "a way of thinking" and an instinct to survive.

Human advancement in the frame of the modern world, is debased by tragedy and violence in many layers. The modern man is very much conditioned by opportunism and greed, quest for power and ambition. Leading to a state of social dysfunction where there is no more society, but a bunch of individual people, poised between solitude and amnesia, making individual choices to promote their individual well being.

The contradictions and tragedy that exists in our collective histories, has made it impossible to represent the other with certitude. There is nothing of which we are more certain than the feeling of our selves, our mortality and ego, an ego that seems to maintain a clear and sharp lines of demarcation between the forces of good and bad, until it eats deeply inwards, without any sharp delimitation.

...but the duty of hope is to turn around and heal the world. The mystical significance of today however, is that it constantly provides us with blank pages, in which we shall inscribe our destiny in our own hand writings. The path towards the pure future is to find ways to reintegrate these pairs of contradictions, into an expanded vision of a social experience that is both the same and different, whole and complex.

"STILL/life" is almost paradoxical and against all odds, its non-literal translation into French of "nature morte" that rather places accent on death, seems to be saying the opposite. “STILL/life” is in motion, a tale of the rise and fall of a man, an attempt to conciliation and acceptance of our extremes, an invitation to shed tears with a spark of hope, that coming generations might eventually learn equity from poverty, love from woes and peace from calamities.

We begin this work with the utopia of simultaneously making visible the head and the tail of the same coin at the same time, show the rear of that which is presented in a frontal manner, above all, confront our self-contradictions and oppositions, reflecting on the schizophrenia of the world we live in, and using pure energy as fuel for this first stage of creation.


Choreography . Qudus Onikeku & Damien Jalet

Original idea and performed by . Qudus Onikeku

Live Music . Charles Amblard

Costume et Accessories . Alexandra Leyre Mein.

contact : info@ykprojects.com - www.ykprojects.com


Sep 17, 2010

MY EXILE is in my head



MY EXILE
IS IN MY HEAD

Inspired by Wole Soyinka’s prison notes - "THE MAN DIED."

Conception, choreographed and performed by Qudus ONIKEKU.
Original music performed live by Charles Amblard. Video conception and performance
Isaak Lartey. Light designer Guillaume Fesneau.



Production : YK Projects
Coproduction : Le CENTQUATRE and CULTURESFRANCE
with the support of: Centre National des Arts du Cirque,
Centre National de la Danse, Bates Dance Festival Maine - USA and DRAC Ile de France





...More than a word, exile is a condition. It is a place, a knowledge, a narrative, but most importantly, it is a psychic space which is obvious to those who inhibit it, those who must engage and wrestle with it because only by so doing can they come to terms with it. Exile is poignant because it is bracketed by loss, it is not so much about movement, relocation or departure as it is about loss: of territory, of the familiar and the familial, of certainty, but most frighteningly, by the grave probability of the loss of memory.

Exile is a rupture, the cessation of things previously taken for granted, the collapse of a world of relative certainties, and therein lies its stings. It also underlines the inescapable desirability of belonging. It may be questioned, even ridiculed, but only those who have experience such loss can understand the rootlessness - and ruthlessness - of existence in the shiftless, treacherous territory of exile. Exile offers a refuge, but no consolation or pride. Every engagement with the lived experience of exile finds its most persuasive explanation not in fascination for there is no such thing as fascination for exile, but rather in the individual quest to come to terms with the fact of exile.

Every such effort is an attempt to explain exile more to oneself than to others. Through art the exiled is able to escape the burden of circumstance, even the temptation of bitterness and recrimination, and instead question, explore, ruminate, and attempt to repossess fragments of that which is lost. Through art the exile may return, in a manner of speaking, by reconstituting the past, participating in the present, as well as envisioning a new world.

Olu OGUIBE
( Nigerian artist, art historian and poet exiled in USA)


Through this piece I intend to deal with personal questions of home, belonging, non-belonging and exile. Above that, I also thought about creating a new homogeneous work, adaptable for conventional theatres as well as alternative spaces. At the moment, I am confronted with questions of other art making processes, through multiple improvisations; how DANCE, CIRCUS, LITERATURE, STORY TELLING, MUSIC AND VIDEO ART, could organically come together almost as a coincidence. An approach that involves the performers' bodies and the audience's eyes, the music we produce and the space that reunites us.

All these converging forces involved in this research laboratory will at the end become the incarnation of the performance in any given space and time. It is a challenge for us to think of a collective and new art making process, with an indefinite character, to create a deliberate contrast to the traditional incarceration of our works in-between four walls, and perhaps a response to the changing social and economic realities of the art world.

Qudus ONIKEKU